Trois conserves de poisson sur quatre dans les supermarchés belges et néerlandais n'offrent pas une transparence suffisante sur l'origine du poisson, et laissent le consommateur dans le noir.

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Dans 71 % des conserves de poisson vendues dans les supermarchés belges et néerlandais, il manque des informations essentielles sur l'espèce, la méthode de pêche ou la zone de capture. C'est ce que révèle une étude du Future of Food Institute, menée à la demande de la marque de poisson durable Fish Tales. Pour le poisson frais et surgelé, entier ou en filets, la législation européenne oblige les vendeurs à mentionner ces informations. Mais dès que le poisson est transformé, cette obligation disparaît soudainement. Les producteurs peuvent ainsi omettre des informations traçables essentielles sur l'origine et la capture. Vu l'état alarmant de nos océans, il est essentiel qu'ils offrent une transparence totale à ce sujet et assument leur responsabilité.

La législation européenne comporte des failles

Le commissaire européen à la Pêche et aux Océans se prononcera prochainement sur une possible révision de la législation. C'est pourquoi Bart van Olphen, expert en poisson et fondateur de la marque de poisson durable Fish Tales, se rend demain à Bruxelles, à l'invitation de l'ONG Oceana, pour un entretien avec le commissaire européen Costas Kadis.

Bart van Olphen s'engage depuis plus de 25 ans pour une pêche durable. Il visite des communautés de pêche à travers le monde, pêche et cuisine à leurs côtés, et rapproche leurs histoires du consommateur.

C'est absurde”, dit-il : Le secteur de la pêche ressemble au Far West : il n'y a presque aucune règle. Les producteurs peuvent mettre n'importe quoi dans une boîte sans avoir à se justifier sur l'origine. Ils avancent l'argument qu'il serait trop compliqué ou trop coûteux de mentionner cette information. Résultat : il est presque impossible, pour le consommateur, de savoir s'il achète un produit pêché de manière durable. Si les producteurs ne veulent même pas partager cette information de base, quelles autres informations nous cachent-ils encore ? Chacun a le droit de savoir ce qui atterrit dans son assiette et ce qu'il mange.

Lors de son entretien à Bruxelles, Bart van Olphen présente les résultats de l'étude et l'offre en supermarché au commissaire européen. Il veut ainsi montrer que Fish Tales est la preuve vivante qu'il est parfaitement possible de mentionner des informations claires sur les conserves de poisson, directement sur l'emballage.

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Op 71% van de visconserven in Nederland en België ontbreekt cruciale informatie over de vissoort, vangstmethode of vangstgebied.

Peu de transparence sur la zone de capture

Pour cette étude, 202 emballages de 34 marques provenant de dix supermarchés belges et néerlandais ont été analysés. Parmi tous les produits étudiés :

  • 37 % ne sont pas du tout transparents (NL 43 %, BE 31 %)
  • 34 % sont partiellement transparents (NL 24 %, BE 44 %)
  • seulement 29 % sont suffisamment transparents (NL 33 %, BE 25 %)

Ce déficit se retrouve pour chaque critère pris individuellement : seuls 65 % des produits mentionnent l'espèce (NL 58 %, BE 71 %), et 55 % mentionnent la zone de capture (NL 53 %, BE 56 %). C'est la méthode de pêche qui fait le plus défaut : elle n'est indiquée que dans 48 % des cas (NL 50 %, BE 47 %).

Vous trouverez les définitions de ces catégories dans la note ci-dessous.

Bart van Olphen : “Nous ne pouvons évidemment pas attendre des consommateurs qu'ils interprètent eux-mêmes toutes les zones et méthodes de capture. Cette information reste pourtant essentielle. Les producteurs doivent assumer leur responsabilité et mentionner au moins ces données de base. Une adaptation de la législation serait une première étape importante. À terme, nous devons toutefois aller plus loin et, comme Fish Tales le fait déjà aujourd'hui, fournir des informations jusqu'au niveau de la pêcherie spécifique. Plus l'information est précise, mieux nous pouvons évaluer si un produit a été pêché de manière durable et dans le respect de nos océans.

Pourquoi l'information sur l'origine est indispensable

Plus de 90 % des stocks de poissons mondiaux sont exploités au maximum ou surexploités. L'espèce, la zone de capture et la méthode de pêche utilisée déterminent en grande partie le degré de durabilité d'une capture. Un nom d'espèce générique comme « thon » ne suffit pas : dans le monde, on consomme au moins cinq espèces de thon différentes. Le nom latin permet de savoir précisément de quelle espèce il s'agit. La zone de capture importe également : une même espèce peut être surexploitée dans une zone, tandis qu'elle provient d'un stock sain dans une autre. La méthode de pêche, enfin, en dit long sur l'impact écologique. Pensez au chalutage de fond, qui endommage les fonds marins, par opposition à la pêche à la ligne, où chaque poisson est capturé un par un.

Savoir ce qu'on achète

L'étude montre que certaines informations figurent parfois bien sur l'emballage, mais pas d'une manière facile à trouver ou à comprendre pour le consommateur. Il arrive par exemple que l'information soit intégrée dans un code accolé à la date de durabilité minimale. Une législation univoque permettrait de garantir que ces données soient toujours mentionnées de façon claire et accessible. Chaque consommateur recevrait ainsi l'information à laquelle il a droit, et pourrait faire un choix conscient.

Téléchargez le rapport de recherche complet « What’s the catch? » via ce lien

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